Vendredi saint

Notre Dame en feu vue du ciel

Homélie du Vendredi saint

Ce vendredi saint prend une tonalité toute particulière à la lumière de ce que nous venons de vivre en ce début de semaine sainte. Ce Lundi 15 avril 2019, est désormais gravé dans nos cœurs.

Nous avons commencé ce carême avec des cendres et c’est le feu qui se manifeste à nous en ce triduum pascal. Ce carême nous l’aurons vécu durement, par la dénonciation du mal, et cette semaine notre cathédrale en feu. Cathédrale qui vue du ciel, nous donne une croix de feu destructrice, mais aussi une croix de lumière, une croix incandescente, jaune, rouge.

Ne serait-ce pas un appel à la purification, à tous, nous laisser envahir par l’amour miséricordieux de Dieu, un appel à l’humilité, un appel à plus de vérité et d’amour dans nos vies, un appel à plus d’authenticité dans notre vie de Foi.

Ce que je voudrais vous partager ce soir, c’est que Notre Cathédrale nous parle ! Notre Dame nous parle !

Comment ne pas voir dans cette flèche en feu, cette lance, cette flèche qui transperça le cœur de Jésus, du coté duquel surgit l’eau pour la vie, le sang pour l’amour divin.

Cette croix n’est pas mortifère, elle est source de salut, source d’espérance, elle est salvatrice.

Vous me direz sans doute malicieusement, c’est une catéchèse chèrement payée, mais Dieu ne l’aurait-il pas aussi chèrement payé ! Sur la croix c’est son Fils qu’il nous donne !

Contemplons la croix, elle pour nous source de notre salut et notre espérance !

Cette croix que nous allons embrasser, qu’elle brûle nos lèvres, pour purifier nos paroles, notre témoignage, nos vocations, nos vies !

Cette croix que nous allons contempler, qu’elle illumine nos yeux pour voir à la manière de Dieu, qu’elle illumine tout mon être pour rayonner de sa vérité et de son amour.

Cette croix devant laquelle nous allons nous agenouiller, qu’elle nous aide à entrer dans l’humilité.

Cette croix n’est pas mortifère, cette croix n’est pas celle d’un Dieu pervers, c’est l’expression d’un Dieu qui épouse l’humanité blessée, malade, emprisonnée, mise en esclavage, mise a mort. Il s’offre à nous pour nous sauver !

Cette croix, nous la retrouvons après l’incendie, dans l’abside de notre cathédrale, au dessus la Pietà. Elle se révèle là, comme notre espérance. Elle se révèle une lumière au milieu des ténèbres.

Marie, vous qui étiez debout au pied de la croix ; aujourd’hui Notre Dame, vous êtes pour nous, là encore, debout, là où nous aimons vous prier, au pilier sud du chœur.

La Vierge reste toujours présente, elle est à nos cotés et nous invite à nous tourner comme elle, au milieu des gravats, des décombres, des ténèbres de nos vies vers la croix lumineuse, discrète mais rayonnante. 

Vous qui portez votre croix, celle de la maladie, du handicap, de la trahison, de la dépendance à une addiction, d’un deuil inconsolable, d’une séparation. Agenouillez-vous, contemplez, embrassez la croix. Cette croix c’est la vôtre !

Cette croix, c’est votre croix, que le Seigneur porte, avec vous, pour vous.

Vous qui êtes éprouvé.

Laissez-vous prendre dans les bras de Dieu, 

Laissez-vous prendre par la délicatesse de la Vierge Marie.

Laissez-vous prendre par la tendresse de son Fils Notre Seigneur.

Agenouillez-vous, contemplez, embrassez la croix qui est notre salut et notre espérance.

Marie, vous qui êtes debout au pied de la croix, nous nous confions à vous. Notre Dame, priez pour nous.

Il t’est permis d’être pécheur, remercie Dieu pour cela !

Edito du 5ème dimanche de Carême – 7 avril 2019

Il se peut que des chrétiens éprouvent une profonde solitude, parce que la communauté pieuse n’autorise personne à être pécheur. Il s’ensuit que chacun doit chercher à cacher son péché, à lui-même et à la communauté. Imaginez ! Quelle horreur ! Un vrai pécheur faisant son apparition parmi des gens pieux ! C’est pourquoi nous restons seuls, avec notre péché, dans le mensonge, dans l’hypocrisie. Reconnaissons-le ! Nous sommes bel et bien tous des pêcheurs !

C’est la grâce de l’Évangile que de nous mettre dans la vérité et de nous dire :
tu es un pécheur, un grand pécheur incurablement, mais tu peux aller, tel que tu es, à ton Dieu qui t’aime. Il te veut tel que tu es, il ne veut rien de toi, mais il te veut toi-même et toi seul. Ce message est une libération par la vérité. Il veut te voir tel que tu es et il veut te faire grâce. S’il hait le péché, il aime le pêcheur. La misère du pécheur et la miséricorde de Dieu voilà la vérité de l’Évangile en Jésus Christ dont devrait désormais vivre son Église.*

Alors, lorsque le péché nous pèse, lorsque l’adversaire nous accuse, lorsque notre cœur se met à nous condamner, rappelons-nous que Dieu est plus grand que notre cœur et revenons à lui avec confiance. Car si Dieu est pour nous, qui pourrait être contre nous !

A la femme adultère, Jésus dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. » « Va » c’est-à-dire  « Ne fais plus mémoire des événements passés, ne songe plus aux choses d’autrefois. Voici que je fais une chose nouvelle. » Laisse-toi saisir par la grâce. Ne reste plus terrassé par l’accusateur, mais laisse-toi entraîner par le consolateur. Ne reste pas enfermé dans la honte de ton péché, mais ouvre-toi à la grâce de mon pardon.

C’est la grâce de l’évangile qui nous apaise et nous réjouit. « Va et désormais ne pèche plus ».

Donne-moi ta culpabilité et je te donnerai la liberté. Donne-moi ton péché et je te donnerai le baume du pardon. Donne-moi ton cœur et je te donnerai la Vie.

Père Benoit Bourgoin +

*inspiré de Dietrich Bonhoeffer dans « La vie communautaire »

Enquête sur l’écoute et l’accompagnement spirituel sur le diocèse de Paris

Mission confiée par Mgr Benoist de Sinety au Père Benoît Bourgoin, accompagné d’une équipe de prêtres, de religieuses et de laïcs.

Dans le contexte actuel où les besoins d’écoute et d’accompagnement spirituel sont immenses, le diocèse de Paris a décidé d’initier une réflexion sur ce sujet dans toute la diversité et la pluralité qu’il recouvre. Avec le soutien de notre Archevêque, notre but est de mettre en place un large projet ecclésial pour faire connaître et fortifier ce qui existe mais aussi inventer et encourager de nouvelles initiatives pour répondre aux besoins quels qu’ils soient…

Nous voudrions par ce questionnaire faire un état des lieux des offres et des besoins d’écoute et d’accompagnement spirituel sur le diocèse de Paris car nous voulons susciter cette réflexion avec vous.

N’hésitez pas à relayer cette enquête auprès des personnes qui sont engagées dans ce service de charité fraternelle ou intéressées par ce sujet:

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSejROnf2XIE4JARd5Z4y2emchfj6lQNuVmA44coZpcczAwtAQ/viewform?usp=sf_link

Merci

Chers amis, je ne sais comment vous remercier pour tous vos témoignages d’amitié et votre générosité si touchante! 

J’aurai grâce à vous l’occasion de me rendre à des concerts.

Cette année j’ai découvert combien l’écoute de la musique à la Philharmonie de Paris pouvait me faire un bien fou!!!

Depuis quelques années, nous avions avec des amis le désir de nous rendre à Rome, grâce à eux entre autres et avec eux nous envisageons rapidement un petit séjour, et je vous promets que je penserai à chacun de vous tous, famille, amis, fidèles amis paroissiens.

J’aurais aimé vous répondre personnellement à chacun, mais vu le nombre de message, je choisis de vous répondre par message électronique, en vous priant de m’excuser pour ce message collectif.

Il me permet de vous répondre rapidement.

Je suis conscient que je n’ai pas pu vous saluer tous et très longtemps, c’est un peu frustrant, mais je puis vous assurer de la joie que j’ai eu de vous savoir présents et du sentiment profond de nous savoir proches malgré parfois de longs mois et même d’années sans avoir eu de vos nouvelles.

Mes neveux m’ont décrit comme un oncle geekaccro à l’électronique, alors pour honorer cette réputation vous pourrez trouver sur https://benoitbourgoin.fr/ des souvenirs de notre journée!

Amitié. 

Benoît Bourgoin

Messe d’action de grâce à l’occasion de mes 60 ans et 30 ans d’ordination presbytérale – Mot d’accueil – Homélie

pour voir la vidéo https://youtu.be/5LGgP2ceWiU

Mot d’accueil

Merci chers amis d‘avoir répondu à mon invitation.  Merci au Père Antoine d’Eudeville, curé de cette paroisse, d’être là.

Je souhaitais symboliquement rendre grâce de ce que le Seigneur m’a donné de vivre. 

Vos visages m’aident à me souvenir et rendre grâce !

De mes jeunes années à Boulogne marquées, entre autre par le scoutisme.

Vos visages, chers amis prêtres, m’aident a me souvenir et rendre grâce de ces années de séminaire. (Vous avez vieilli vous savez, comme moi sans doute ! je m’en rends moins compte !)

Merci pour votre affection et votre fidèle amitié depuis ces années de séminaire et de ces années vécus dans le XVéme, de « l’équipe » (ils se reconnaîtront). 

Comment ne pas rendre grâce pour ces années vécues à la paroisse de l’Immaculée Conception, comme vicaire, et ensuite quelques années plus tard comme curé. Je sais combien je vous suis débiteur. Vous m’avez supporté, dans tous les sens du mot, sans doute par mes petits cotés, mais plus encore dans le soutien discret et fraternel, en particulier dans cette période d’épreuve de santé.

Je n’oublie pas ces années vécues dans le 19ème, à la paroisse sainte Colette des Buttes Chaumont, et dans le 8ème à la paroisse Saint André de l’Europe : je mesure combien ces années ont été fondatrices et formatrices.

Merci a vous aussi paroissiens de Notre Dame des Champs ! 

Je rends grâce pour cette nouvelle mission d’accompagnement du service diocésain de la charité et la possibilité qui m’y m’est donnée d’approfondir le ministère, le service de l’accompagnement spirituel.

Je rends grâce pour les pères sulpiciens et jésuites qui m’ont accompagné avec patience et intelligence durant toutes ces années. 

Enfin en pensant affectueusement à ma famille et amis très proches – je pense aussi à papa qui nous a quitté, jour pour jour, il y a trois ans. 

Avec vous tous, je me tourne vers le Seigneur en implorant sa miséricorde sur ce qui, dans notre histoire, a pu être comme blessure du péché, et en lui demandant la grâce de faire de nos vies un témoignage toujours plus authentique et lumineux.

Homélie

« Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimé. »

Heureusement ce n’est pas moi qui est choisi cet évangile.

Franchement  « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux » c’est plutôt compliqué.Comment ne pas rappeler ce que je vous écrivais dans mon petit éditorial d’il y a quelques semaines.Il me semble important de rappeler, particulièrement aux plus jeunes, aux plus vulnérables, qu’il est très important de se défendre, de prendre au minimum les moyens de se protéger. Nous voyons que trop, ce que peux représenter le scandale du pardon de l’offenseur, sans la dénonciation du mal et la protection du faible. Sublimer le pardon  peut conduite la victime à s’emmurer dans le silence et sa souffrance. Il faut oser dénoncer le mal, comme il faut oser s’en ouvrir à ceux qui peuvent nous en protéger ! Toutefois Jésus nous enseigne « d’aimer nos ennemis ». Alors comment comprendre cette injonction inaudible?

L’enjeux le voici, vivre cette relation filiale avec Dieu notre Père, et vivre de cette alliance d’amour en communion d’amour avec nos frères.

La première sagesse par rapport à la violence, c’est la loi du talion, qui rappelle que le châtiment imposé à un coupable, qui a commis une injustice, ne doit pas dépasser le dommage infligé. Règle précieuse pour contenir la violence qui habite le cœur de tout être humain Alors veillons bien, à déjà vivre la proportionnalité de ma réponse « œil pour œil, dent pour dent ». 

« aimez-vous les uns les autres. Mais moi, je vous dis ,  « aimez vos ennemis…Jésus nous appelle à aller plus loin, non seulement à contenir la violence mais à briser le cercle de la violence. Là où une violence en appelle une autre : Choisir la non violence. Choisir de ne pas répondre à un coup par un coup. Choisir d’agir ainsi c’est prendre, aussi, soin de soi, parce que je refuse de ressembler à l’agresseur dans sa violence et devenir ainsi comme lui un enfant des ténèbres.Ce n’est pas un comportement de faiblesse, que d’aimer ses ennemis, mais c’est combattre la violence par d’autres armes que celles de la violence. C’est apprendre a mettre de la distance entre le mal et le malfaisant. C’est apprendre a haïr le mal, en apprenant a sauver mon prochain, qui est mon frère.

Pour les disciples de Jésus, reste donc à « aimer ses ennemis ». Aimer ne désigne pas d’abord un sentiment, une affection, mais un « faire ». Aimer, c’est essentiellement vouloir le bien de l’autre et agir en posant des actes en ce sens.Dans le cas du pardon, pardonner n’est pas arriver à un sentiment de sympathie pour celui qui m’a blessé, mais c’est refuser de lui vouloir du mal et faire ce que je peux pour son bien, même si sa vue me reste insupportable. Aimer c’est envisager l’autre avec espérance.

Jésus ose dire : «  priez pour vos ennemis. » Prenons le temps de chercher à regarder l’ennemi, notre ennemi, comme Jésus le regarde. « Père pardonne lui, il ne sait pas ce qu’il fait ». On voit que Jésus appelle ses disciples à un comportement qui ne se comprend que dans la lumière de la foi, en ce Dieu Père qui regarde tous les hommes, y compris les méchants, avec bonté. D’une infinie bonté qui s’est traduite dans le pardon offert en son Fils et dans le don de l’Esprit.

« Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »  Il ne s’agit pas d’une perfection morale mais d’entendre un appel  à tourner son regard vers le Père des cieux pour chercher à l’imiter dans sa bonté.

Vous vous rappelez peut-être, de ce livre d’un jeune époux et père de famille après les attentats du Bataclan à Paris en 2015 , je ne sais pas s’il est chrétien, le titre de ce livre: « vous n’aurez pas ma haine » « Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils, mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur. Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant, mais répondre à la haine par la colère, ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. »La haine nous avilit, et nous rabaisse au même rang que nos agresseurs. Or, nous pouvons la refuser. Il est en notre pouvoir de décider de ne pas haïr. 

Chers amis, pardon pour ces propos sévères, mais l’évangile de ce jours nous invite a cette radicalité. Vivre unis au Christ, et  être témoin du Ressuscité. Sachons, pour nos familles, nos communautés, notre église, notre monde être des témoins joyeux, lumineux, paisibles, authentiques, du cœur de Jésus, source de la miséricorde divine. Aimons-nous les uns les autres, comme Il nous a aimé.

Seigneur Jésus, apprenez-nous
À être généreux
À vous servir comme vous le méritez
À donner sans compter
À combattre sans souci des blessures
À travailler sans chercher le repos
À nous dépenser sans attendre d’autre récompense
Que celle de savoir que nous faisons votre sainte Volonté.  

Diacre François Desprez – Vicariat pour la Solidarité
Père Michel Esposito – 30 ans d’ordination en Juin
Père Benoît Bourgoin – 30 ans d’ordination en Juin
Père Baudoin de Beauvais- 30 ans d’ordination en Juin
Diacre David Nogueira – Diacre à l’Immaculée Conception

Chers amis, merci pour votre prière et tous vos témoignages d’amitié !  Je garde précieusement toutes vos intentions dans ma prière. Benoît Bourgoin

Le Père Camille Millour donnant lecture de la bénédiction Papale demandée par Monsieur le Chancelier , Monseigneur Jean-Marie Dubois