A voir absolument « Des petites mains invisibles »

Depuis 12 ans, l’Association pour l’Amitié (APA) a pris le parti de faire cohabiter des personnes de la rue de tous horizons et de tous âges et des jeunes volontaires professionnels, dans une ambiance familiale, convaincus qu’à côté des aides matérielles, des liens d´amitié approfondis sont indispensables à la reconstruction de personnes fragilisées par la vie. Aujourd’hui, l´association, créée par Etienne Villemain et Martin Choutet – jeunes catholiques proches de Jean Vanier (le fondateur de l’Arche) – accueille 200 personnes dans des appartements au coeur de Paris. Hommes d’un côté, femmes de l’autre. Comme ici rue de Vaugirard dans un ancien monastère, où résident une vingtaine de co-locataires et un ancien prêtre ouvrier, le Père Géry. On suivra notamment Gilbert qui s´engage sans compter auprès de sa nouvelle famille et dont il est le cuisinier. À ses côtés, Gilles et Sébastien, nouveaux arrivants à l’APA font leurs premières armes pour se mettre au service de ceux qui leur ont tendu la main. Une patiente reconstruction pour les uns et la découverte du meilleur de soi pour les autres, tous jeunes volontaires et qui décident d´éprouver leur foi. Car rien n’est jamais gagné dans cette vie de famille qui s’invente au jour le jour avec peu de moyens et beaucoup de petites attentions garantes d´une vie communautaire nécessaire. Portraits croisés de ces petites mains invisibles aux parcours lointains, devenues les meilleurs ambassadeurs de ces associations religieuses aux principes fondamentalement humanistes. Leur engagement nous conduit à nous interroger sur la question du don de soi et de son incarnation au quotidien. L’APA est un petit miracle d’humanité. Le film « Des Petites Mains invisibles » en est le témoignage réconfortant. Il est la démonstration qu’une réconciliation entre possédants et déshérités est possible et que les « sauveurs » ne sont pas nécessairement ceux qu’on croit. UNE COPRODUCTION LARDUX FILMS/KTO 2018 – Réalisé par Serine Lortat Jacob

Interventions de Mgr Michel Aupetit “Réfugiés-Solidarité au cœur des paroisses” Saint-Denys de la Chapelle – 13 janvier 2018

Rencontre 2018 des conseils pastoraux sur le thème des migrants

Le 13 janvier 2018, à la veille de la Journée du migrant et du réfugié, l’archevêque de Paris a invité les prêtres et les membres des conseils pastoraux à une matinée de réflexion sur les migrants.

 » …Ce matin nous avons été, enfin je l’espère, bouleversés. C’est bon d’être bouleversé ! Quand l’ange est venu vo

ir la Sainte Vierge pour l’Annonce, elle a été « toute bouleversée ». Etre bouleversé, c’est le signe que la grâce est passée ! Donc, a contrario, si par hasard vous n’étiez pas bouleversés…

Aujourd’hui, nous sommes aussi bouleversés parce que nous sommes à la croisée des chemins, nous sommes devant des grands bouleversements, c’est incontestable. Si nous ne le voyons pas, c’est que nous sommes aveugles. Devant les grands bouleversements, il faut se reposer les questions essentielles. La question essentielle, c’est celle que Dieu a posée un jour à son peuple : « Je mets devant toi la vie et la mort, tu choisiras la vie ». Jean-Paul II a parlé de notre société en termes de « culture de mort ». Dans son encyclique L’évangile de la vie, il a rappelé la valeur suprême de la vie sans laquelle rien n’existe que le néant.

Derrière la question bioéthique et la question des migrants, les questions qui vont arriver après relèvent de la même interrogation. Qu’est-ce que l’homme ? Quelle société allons-nous construire ? Qui est celui qui frappe à ma porte ? Car en réalité, l’enfant non désiré qui survient nous dérange, notre parent âgé qui perd la tête nous dérange, le malade qui se plaint d’être mal ou de souffrir nous dérange, le migrant qui dort sur nos trottoirs nous dérange. La question est donc : est-ce qu’on accepte d’être dérangé ?

Le regard d’un handicapé, le regard d’un réfugié, c’est la même chose. Il fut un temps où j’ai soigné des personnes handicapées. Il y en avait un qui s’appelait Jacky et qu’on avait l’habitude de regarder comme un légume. Un jour, Jacky m’a regardé dans les yeux, et j’ai compris que plus personne ne pourrait dire que Jacky était un légume. Quand nous voyons la masse des migrants sous le périphérique, nous voyons des gens qui nous gênent, qui gênent notre regard surtout, mais si nous allons les voir et qu’ils nous regardent dans les yeux nous ne pouvons pas dire qu’ils ne sont pas humains et que nous ne pouvons pas les accueillir. C’est tout. Le changement de regard, c’est accepter simplement que quelqu’un nous regarde et que nous le regardions face à face.

Notre humanité, notre civilisation s’est construite sur cette image de Dieu que nous sommes. Dieu a déposé cela en nous. Cette image de Dieu est à ce prix. Est-ce que nous nous laissons déranger ? Nous avons maintenant un choix à faire : ou une société qui s’humanise, et donc qui accepte de se laisser déranger, ou une société des encombrants. Le Pape a parlé dans notre société de la culture du déchet. Nous sommes à cette croisée des chemins. Notre pays a traversé bien des vicissitudes et des bouleversements. Le Haut Moyen-Âge a vu affluer des populations entières qui ont remis en cause la culture qui s’y était installée. Les guerres de religions ont ravagé le pays. La Révolution Française a bouleversé l’ordre établi en l’accompagnant d’une terreur effrayante. Les guerres mondiales ont semé la mort au XXe siècle… Eh bien, l’Évangile a survécu à tout cela ! Et alors ? L’Évangile a survécu parce que l’Évangile a été vécu !

On parle souvent de mission. Le cardinal Vingt-Trois, dès qu’il est arrivé en 2005, a lancé notre diocèse en mission pour que nous annoncions l’Évangile. L’Évangile rend heureux, bouleverse notre cœur, change la société. Etre missionnaire, c’est indispensable, « malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile » ! Mais être missionnaire, ce n’est pas raconter du baratin ! Etre missionnaire, c’est vivre l’Évangile. Nous avons entendu tout à l’heure les témoignages de ces réfugiés ; ils ont dit : nous avons été accueillis, on nous a donné à manger. J’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’étais dehors et vous m’avez accueilli dans votre maison… C’est cela l’Évangile. Il s’agit d’annoncer ce qui fait cet Évangile et qui est derrière cet Évangile, Celui qui est le Verbe de Dieu, le Fils de Dieu, et que nous devons reconnaître dans celui qui justement est peut-être défiguré à nos yeux.

Aujourd’hui, il nous faut choisir la vie, la vie au prix de la générosité qui supplante l’égoïsme. Un changement du regard sur tous, la personne handicapée, le vieillard abîmé par les ans, le malade qui geint, le migrant dépouillé de tous ses biens … Par où commencer ? Plusieurs ont dit qu’on ne savait pas par où commencer, mais ils ont commencé, parce que comme dirait Brassens, « c’est par le bout du cœur » qu’il faut commencer. Quant aux moyens, on les met en place après. J’ai été étonné de l’imagination et du génie que pouvait susciter la charité. C’est toujours possible. Aujourd’hui on dit : ce n’est pas possible ; on peut mettre cinq ans, on peut mettre six mois, peu importe, mais l’important, c’est de se mettre en route.

Tout est lié. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est notre pape François. De la même manière que nous avons pris conscience que le désir humain égoïste et sans limite détruit la planète, il nous faut prendre conscience que le désir humain égoïste et sans limite détruit ce qui fait notre humanité, c’est la même chose. L’écologie, l’écologie humaine, l’écologie intégrale dont parle le Pape c’est la même chose. Il n’y a pas d’un côté le tri des déchets et de l’autre, notre désir qui peut nous conduire à écraser tout autour de nous. Détruire la planète, détruire ce que nous sommes, c’est la même chose : est-ce que nous acceptons de nous laisser déranger ?

Que pouvons-nous faire ? Ouvrir nos cœurs, ouvrir nos portes ? Est-ce que cette matinée nous a fait prendre conscience de ce qui s’est passé ? Que puis-je faire ? Et pour quoi le faire ? Pour être heureux tout simplement ! On a entendu ce témoignage tout à l’heure : « on a reçu plus que ce que l’on a donné ». Mais oui, cela rend heureux de regarder les autres ! Cela rend heureux de les accueillir ! Cela rend heureux de se laisser bousculer même si au départ, cela nous ennuie !

On a parlé de ce que dit le Pape : accueillir, protéger, promouvoir, intégrer. Je vais citer justement ce qu’ont dit les évêques de France mercredi dernier : « Nous lançons ici un appel solennel aux chrétiens et à tous les hommes et les femmes de bonne volonté pour qu’au sein de leur paroisse, d’un collectif, d’un mouvement ou d’une association, ceux qui le peuvent, s’engagent sur l’une ou l’autre de ces priorités. »

J’ai commencé en parlant de la Sainte-Vierge. Elle a été bouleversée, mais après, que s’est-il passé ? Elle a chanté le Magnificat. « Voici la servante du Seigneur », elle a accueilli le Verbe de Dieu, le Verbe s’est fait chair en elle.

Maintenant nous avons à faire la même chose. C’est l’Esprit Saint qui nous guide. Pour nous permettre d’accueillir l’Esprit Saint comme elle, c’est vers elle que nous allons nous tourner pour qu’elle intercède pour nous, pour que nous puissions nous laisser faire par l’Esprit Saint.

Mgr Michel Aupetit,
archevêque de Paris

 

Témoignages de réalisations paroissiales

 

 

 

Journée Mondiale des Pauvres

MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS
POUR LA JOURNÉE MONDIALE DU MIGRANT ET DU RÉFUGIÉ 2018

[14 janvier 2018]

« Accueillir, protéger, promouvoir et intégrer
les migrants et les réfugiés »

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MESSAGE DU SAINT-PÈRE

POUR LA JOURNÉE MONDIALE DES PAUVRES

33ème Dimanche du Temps Ordinaire
19 novembre 2017

https://w2.vatican.va/content/francesco/fr/messages/poveri/documents/papa-francesco_20170613_messaggio-i-giornatamondiale-poveri-2017.html

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L’état (2017) de la pauvreté en France

https://www.secours-catholique.org/actualites/letat-2017-de-la-pauvrete-en-france

 

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Un sombre constat en Méditerranée

Depuis l’an 2000, plus de 46.000 personnes traversant la Méditerranée sont mortes en mer en tentant de rejoindre l’Europe, phénomène qui ne fait que s’aggraver ces dernières années. L’année 2016 a été la plus meurtrière de l’histoire de la Méditerranée, avec 5.079 morts recensés sur 363.348 personnes entrées en Europe par la voie maritime, sans compter les embarcations ayant disparu sans trace. Depuis l’accord de mars 2016 entre l’Union européenne et la Turquie, l’axe de Méditerranée centrale entre la Libye et l’Italie est redevenu le premier trajet emprunté pour rejoindre l’Europe. C’est l’axe migratoire le plus mortel au monde du fait de la distance et de la dangerosité de la traversée pour des embarcations totalement inaptes à la navigation en haute mer. 90% des décès enregistrés en Méditerranée se produisent ainsi dans le Canal de Sicile, au large des côtes libyennes.