Edito dimanche de la Sainte Famille

La famille à l’école du service de la Table

En cette période de fête, je vous invite à prendre conscience d’un meuble qui semble anodin et pourtant essentiel, porteur de toute la vie familiale, la table.

Une table autour de laquelle la famille se retrouve ou ne se retrouve pas. Une table riche ou marquée par le manque. Une table réunissant parfois plusieurs générations. Une table qui rythme le quotidien, qui nous réunit les jours de fête. Une table autour de laquelle le couple partage une parole amoureuse, parfois conflictuelle. L’enfant y apprend à découvrir le vivre ensemble par le partage de la nourriture et de la parole. Il s’y trouve la joie, la tristesse ou le refus de s’y retrouver, des humeurs profondes, des relations familiales harmonieuses ou blessées. Si anodin, ce meuble se révèle d’une symbolique étonnante, pensez simplement aux expressions « mettre sur la table » ou « les dessous de table ».

La table est un lieu qui engage.

Dans le service, les mamans sont souvent celles qui veillent aux achats, aux menus, aux préparatifs de repas équilibré, mais au-delà de cela prenons conscience du ou des services que chacun peut rendre autour de cette table.

Dans le partage, ce temps de repas nous apprend à reconnaître l’autre comme un frère avec qui je suis appelé à échanger. Au-delà de la bonne éducation, c’est apprendre à laisser la place, la préséance à l’autre, combattre mes volontés de puissance, de domination, de possession, parce que je me nourris autant des mets que de sa parole, sa présence.

Dans la reconnaissance, les parents savent rappeler l’importance d’un merci à l’enfant, l’hôte sait dire sa joie d’être invité. Au-delà de ce qui peut apparaître parfois comme trop conventionnel, c’est apprendre l’expression d’une action de grâce devant Dieu et les hommes pour tous les bienfaits reçus.

La table, en cette fête de la Sainte Famille, nous appelle à prendre conscience du servi-ce, du soin qu’il nous faut porter les uns vis-à-vis des autres. Pour faire écho à St Paul, rendons-nous à table avec un vêtement de tendresse et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience, avec un cœur habité par le désir joyeux de nous édifier les uns les autres, en nous supportant, en nous pardonnant, en nous instruisant avec sagesse.

Bon appétit.

Père Benoît Bourgoin +

Pour continuer la réfélexion « Tu as dressé devant moi une table » Livre de Gilles Rebèche