Il t’est permis d’être pécheur, remercie Dieu pour cela !

Edito du 5ème dimanche de Carême – 7 avril 2019

Il se peut que des chrétiens éprouvent une profonde solitude, parce que la communauté pieuse n’autorise personne à être pécheur. Il s’ensuit que chacun doit chercher à cacher son péché, à lui-même et à la communauté. Imaginez ! Quelle horreur ! Un vrai pécheur faisant son apparition parmi des gens pieux ! C’est pourquoi nous restons seuls, avec notre péché, dans le mensonge, dans l’hypocrisie. Reconnaissons-le ! Nous sommes bel et bien tous des pêcheurs !

C’est la grâce de l’Évangile que de nous mettre dans la vérité et de nous dire :
tu es un pécheur, un grand pécheur incurablement, mais tu peux aller, tel que tu es, à ton Dieu qui t’aime. Il te veut tel que tu es, il ne veut rien de toi, mais il te veut toi-même et toi seul. Ce message est une libération par la vérité. Il veut te voir tel que tu es et il veut te faire grâce. S’il hait le péché, il aime le pêcheur. La misère du pécheur et la miséricorde de Dieu voilà la vérité de l’Évangile en Jésus Christ dont devrait désormais vivre son Église.*

Alors, lorsque le péché nous pèse, lorsque l’adversaire nous accuse, lorsque notre cœur se met à nous condamner, rappelons-nous que Dieu est plus grand que notre cœur et revenons à lui avec confiance. Car si Dieu est pour nous, qui pourrait être contre nous !

A la femme adultère, Jésus dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. » « Va » c’est-à-dire  « Ne fais plus mémoire des événements passés, ne songe plus aux choses d’autrefois. Voici que je fais une chose nouvelle. » Laisse-toi saisir par la grâce. Ne reste plus terrassé par l’accusateur, mais laisse-toi entraîner par le consolateur. Ne reste pas enfermé dans la honte de ton péché, mais ouvre-toi à la grâce de mon pardon.

C’est la grâce de l’évangile qui nous apaise et nous réjouit. « Va et désormais ne pèche plus ».

Donne-moi ta culpabilité et je te donnerai la liberté. Donne-moi ton péché et je te donnerai le baume du pardon. Donne-moi ton cœur et je te donnerai la Vie.

Père Benoit Bourgoin +

*inspiré de Dietrich Bonhoeffer dans « La vie communautaire »