Messe d’action de grâce à l’occasion de mes 60 ans et 30 ans d’ordination presbytérale – Mot d’accueil – Homélie

pour voir la vidéo https://youtu.be/5LGgP2ceWiU

Mot d’accueil

Merci chers amis d‘avoir répondu à mon invitation.  Merci au Père Antoine d’Eudeville, curé de cette paroisse, d’être là.

Je souhaitais symboliquement rendre grâce de ce que le Seigneur m’a donné de vivre. 

Vos visages m’aident à me souvenir et rendre grâce !

De mes jeunes années à Boulogne marquées, entre autre par le scoutisme.

Vos visages, chers amis prêtres, m’aident a me souvenir et rendre grâce de ces années de séminaire. (Vous avez vieilli vous savez, comme moi sans doute ! je m’en rends moins compte !)

Merci pour votre affection et votre fidèle amitié depuis ces années de séminaire et de ces années vécus dans le XVéme, de « l’équipe » (ils se reconnaîtront). 

Comment ne pas rendre grâce pour ces années vécues à la paroisse de l’Immaculée Conception, comme vicaire, et ensuite quelques années plus tard comme curé. Je sais combien je vous suis débiteur. Vous m’avez supporté, dans tous les sens du mot, sans doute par mes petits cotés, mais plus encore dans le soutien discret et fraternel, en particulier dans cette période d’épreuve de santé.

Je n’oublie pas ces années vécues dans le 19ème, à la paroisse sainte Colette des Buttes Chaumont, et dans le 8ème à la paroisse Saint André de l’Europe : je mesure combien ces années ont été fondatrices et formatrices.

Merci a vous aussi paroissiens de Notre Dame des Champs ! 

Je rends grâce pour cette nouvelle mission d’accompagnement du service diocésain de la charité et la possibilité qui m’y m’est donnée d’approfondir le ministère, le service de l’accompagnement spirituel.

Je rends grâce pour les pères sulpiciens et jésuites qui m’ont accompagné avec patience et intelligence durant toutes ces années. 

Enfin en pensant affectueusement à ma famille et amis très proches – je pense aussi à papa qui nous a quitté, jour pour jour, il y a trois ans. 

Avec vous tous, je me tourne vers le Seigneur en implorant sa miséricorde sur ce qui, dans notre histoire, a pu être comme blessure du péché, et en lui demandant la grâce de faire de nos vies un témoignage toujours plus authentique et lumineux.

Homélie

« Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimé. »

Heureusement ce n’est pas moi qui est choisi cet évangile.

Franchement  « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux » c’est plutôt compliqué.Comment ne pas rappeler ce que je vous écrivais dans mon petit éditorial d’il y a quelques semaines.Il me semble important de rappeler, particulièrement aux plus jeunes, aux plus vulnérables, qu’il est très important de se défendre, de prendre au minimum les moyens de se protéger. Nous voyons que trop, ce que peux représenter le scandale du pardon de l’offenseur, sans la dénonciation du mal et la protection du faible. Sublimer le pardon  peut conduite la victime à s’emmurer dans le silence et sa souffrance. Il faut oser dénoncer le mal, comme il faut oser s’en ouvrir à ceux qui peuvent nous en protéger ! Toutefois Jésus nous enseigne « d’aimer nos ennemis ». Alors comment comprendre cette injonction inaudible?

L’enjeux le voici, vivre cette relation filiale avec Dieu notre Père, et vivre de cette alliance d’amour en communion d’amour avec nos frères.

La première sagesse par rapport à la violence, c’est la loi du talion, qui rappelle que le châtiment imposé à un coupable, qui a commis une injustice, ne doit pas dépasser le dommage infligé. Règle précieuse pour contenir la violence qui habite le cœur de tout être humain Alors veillons bien, à déjà vivre la proportionnalité de ma réponse « œil pour œil, dent pour dent ». 

« aimez-vous les uns les autres. Mais moi, je vous dis ,  « aimez vos ennemis…Jésus nous appelle à aller plus loin, non seulement à contenir la violence mais à briser le cercle de la violence. Là où une violence en appelle une autre : Choisir la non violence. Choisir de ne pas répondre à un coup par un coup. Choisir d’agir ainsi c’est prendre, aussi, soin de soi, parce que je refuse de ressembler à l’agresseur dans sa violence et devenir ainsi comme lui un enfant des ténèbres.Ce n’est pas un comportement de faiblesse, que d’aimer ses ennemis, mais c’est combattre la violence par d’autres armes que celles de la violence. C’est apprendre a mettre de la distance entre le mal et le malfaisant. C’est apprendre a haïr le mal, en apprenant a sauver mon prochain, qui est mon frère.

Pour les disciples de Jésus, reste donc à « aimer ses ennemis ». Aimer ne désigne pas d’abord un sentiment, une affection, mais un « faire ». Aimer, c’est essentiellement vouloir le bien de l’autre et agir en posant des actes en ce sens.Dans le cas du pardon, pardonner n’est pas arriver à un sentiment de sympathie pour celui qui m’a blessé, mais c’est refuser de lui vouloir du mal et faire ce que je peux pour son bien, même si sa vue me reste insupportable. Aimer c’est envisager l’autre avec espérance.

Jésus ose dire : «  priez pour vos ennemis. » Prenons le temps de chercher à regarder l’ennemi, notre ennemi, comme Jésus le regarde. « Père pardonne lui, il ne sait pas ce qu’il fait ». On voit que Jésus appelle ses disciples à un comportement qui ne se comprend que dans la lumière de la foi, en ce Dieu Père qui regarde tous les hommes, y compris les méchants, avec bonté. D’une infinie bonté qui s’est traduite dans le pardon offert en son Fils et dans le don de l’Esprit.

« Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »  Il ne s’agit pas d’une perfection morale mais d’entendre un appel  à tourner son regard vers le Père des cieux pour chercher à l’imiter dans sa bonté.

Vous vous rappelez peut-être, de ce livre d’un jeune époux et père de famille après les attentats du Bataclan à Paris en 2015 , je ne sais pas s’il est chrétien, le titre de ce livre: « vous n’aurez pas ma haine » « Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils, mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur. Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant, mais répondre à la haine par la colère, ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. »La haine nous avilit, et nous rabaisse au même rang que nos agresseurs. Or, nous pouvons la refuser. Il est en notre pouvoir de décider de ne pas haïr. 

Chers amis, pardon pour ces propos sévères, mais l’évangile de ce jours nous invite a cette radicalité. Vivre unis au Christ, et  être témoin du Ressuscité. Sachons, pour nos familles, nos communautés, notre église, notre monde être des témoins joyeux, lumineux, paisibles, authentiques, du cœur de Jésus, source de la miséricorde divine. Aimons-nous les uns les autres, comme Il nous a aimé.

Seigneur Jésus, apprenez-nous
À être généreux
À vous servir comme vous le méritez
À donner sans compter
À combattre sans souci des blessures
À travailler sans chercher le repos
À nous dépenser sans attendre d’autre récompense
Que celle de savoir que nous faisons votre sainte Volonté.  

Diacre François Desprez – Vicariat pour la Solidarité
Père Michel Esposito – 30 ans d’ordination en Juin
Père Benoît Bourgoin – 30 ans d’ordination en Juin
Père Baudoin de Beauvais- 30 ans d’ordination en Juin
Diacre David Nogueira – Diacre à l’Immaculée Conception

Chers amis, merci pour votre prière et tous vos témoignages d’amitié !  Je garde précieusement toutes vos intentions dans ma prière. Benoît Bourgoin

Le Père Camille Millour donnant lecture de la bénédiction Papale demandée par Monsieur le Chancelier , Monseigneur Jean-Marie Dubois