Être responsable de notre monde – édito Janvier 2019


Depuis quelques semaines, un vêtement de la sécurité routière sert d’emblème à certains de nos concitoyens pour exprimer leurs revendications. Comment ne pas voir avec eux et à travers eux une société en panne, voire accidentée ! 

Il est parfois de bon ton dans nos paroisses de demander au clergé de rester à sa place et de ne pas tenir de discours politiques. Mais ce n’est rien comprendre à cette belle et noble responsabilité qu’est notre engagement au service de la cité.

Il faut que les chrétiens aillent sur les routes et les mers pour rejoindre les lieux d’accidents. Au cours de son histoire, l’Église a su s’investir sur les chantiers de la promotion humaine, les universités, les hôpitaux, les syndicats et la recherche…

Si la couleur jaune peut suggérer une impression de chaleur et de lumière, cette symbolique peut également être associée à des idées négatives de traîtrise, de mensonge, de tromperie. C’est pour cette raison que nous devons apprendre à voir clair, à former notre intelligence et notre conscience, pour pouvoir nous engager, sans dédain, sans violence!

Trois responsabilités sont devant nous.

Voir. Dans notre monde malade et blessé, l’humanité souffrante, la terre et les océans épuisés, le ciel pollué, la faune maltraitée et la flore surexploitée, comment ne pas entendre en écho l’appel du Saint-Père à une écologie intégrale !   Nous informer et nous former. Au travers de sa doctrine sociale, l’Église nous prodigue des repères pour relire notre agir

Nous engager. A l’école de Marie  apprenons à écouter, méditer et partir en hâte au service de nos frères.

Ce dimanche, la théophanie du Christ au jour de son baptême manifeste que le Fils de Dieu emprunte le chemin des pêcheurs pour les rejoindre et les conduire vers la Gloire du Père. Puissions-nous vivre cette plongée dans les responsabilités de la gestion du monde. Bref « mouillons-nous! » pour que soit révélé à chacun qu’il est, un Fils bien-aimé du Père.

Construire ensemble la civilisation de l’amour. Ne serait ce pas cela l’enjeu de nos réflexions et engagements politiques ?

Père Benoît Bourgoin

Homélie 1er Janvier 2019 – Solennité Marie, Mère de Dieu, et Mère de l’Église

L’évangile, proclamé en ce jour, est la continuité de celui qui a été proclamé dans la nuit de Noël, l’annonce faite aux bergers.

Au cœur de ce passage bien agité, avec la venue des bergers, , il y a un grand calme : « Marie retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. »

« Marie gardait avec soin toutes les choses dites et les retenaient dans son cœur. » Le mot traduit par “méditer” ou “retenir” est “συμβάλλω” (sumballo) dont le sens premier est “se rencontrer avec” et qui a donné le mot symbole.

Dans la lumière de Noël, dans la lumière de ce mystère de l’incarnation. Nous voyons Dieu qui vient d’entrer dans le temps. Jésus, l’Emmanuel, c’est Dieu qui entre dans le temps des hommes. Et en Marie, nous voyons une femme qui est en train d’entrer dans le temps de Dieu.

«Marie retenait toutes ces événements et les méditait dans son cœur». Désormais, pour Dieu, pendant trente ans, chaque instant sera humain, banal.

Et pour cette mère chaque instant sera nouveau, unique, divin.
Elle fera tout, au jour le jour, comme n’importe quelle femme, comme n’importe quelle maman. Les mêmes gestes toujours répétés, toujours semblables et pourtant pour elle tout sera nouveau.

Tout instant sera lourd d’éternité. Donner le bain à l’enfant, préparer sa nourriture, l’endormir chaque soir…

Tout sera fait pour Dieu, en Dieu à chaque instant.

Présence tellement intime, tellement proche, qu’on ne peut pas en parler, on garde en son cœur, en silence, le secret inconcevable.

A Nazareth, on vit le mystère de cette présence.

Chaque instant désormais est prière ; Marie entre dans le temps de Dieu. Pour elle, chaque instant devient un appel, une parole de son Dieu. Elle relit dans son cœur chaque instant, comme on épèle les mots d’une phrase, qui peu à peu, mot à mot, prend sens.

Marie n’anticipe pas. Chaque instant est à accueillir pour lui-même dans sa nouveauté. Chaque mot, chaque événement doit être reçu dans un cœur vierge. On ne va pas plus vite que le temps de Dieu. On ne coupe pas la parole à Dieu. On écoute ce qu’il veut dire à chaque instant.

«Marie retenait toutes ces événements et les méditait dans son cœur» (Lc 2,19).

Le mot «méditer» dans l’évangile évoque le geste de rassembler les morceaux disjoints d’un objet; chaque événement est une pièce du puzzle.

Sans le regard de foi, on ne peut en percevoir le sens,
mais au creuset d’un cœur qui prie, un cœur qui s’habitue à écouter Dieu dans le silence, chaque événement peut prendre sens peu à peu, comme les pièces d’un puzzle
qui finissent par dessiner un visage.

Il y a en Marie, une attention à chaque événement, comme on prend soin de chaque pièce du puzzle, et en même temps il y a en Marie, une très grande patience. Elle laisse Dieu construire.

Elle reste trente ans avec Jésus sans vraiment comprendre tout de ce visage qui se dessine, sans voir apparaître en lui les traits du Messie promis par l’Ange (Lc 1,32).

Marie consent au temps de Dieu. Elle attend. Elle sait qu’elle ne sera pas trompée mais qu’il faut attendre pour laisser Dieu dire son dernier mot, dans le dernier événement même quand tout semblera fini.

Marie entre dans le temps de Dieu. C’est-à-dire finalement dans le temps de la foi, dans le temps où tout est possible, possible non pas à nous, mais à Dieu (Lc 1,37), où tout instant est précieux, où tout instant est un commencement.

Alors, frères et sœurs, si nous sommes là, c’est bien parce que nous avons pressenti que cette année serait vraiment «nouvelle» et que cette nouveauté se reçoit dans la prière de Dieu, qui fait toutes choses nouvelles (Ap 21,5).

Oui, frères et sœurs, avec Marie, entrons dans le temps de Dieu, dans ce temps que nous ouvre la porte de la prière.

À chaque moment mettons-nous sous le regard du Christ Accueillons la présence quotidienne de Jésus, alors ce n’est pas seulement le début de cette année, mais chaque instant de cette année qui pourra devenir nouveau.

Il est de tradition de faire des vœux en ce début d’année.

Permettez-moi, de vous présenter les miens, que « Chaque incident, chaque événement, chaque souffrance comme chaque joie soit un sacrement qui donne Dieu. »

Qu’il en soit ainsi, pour chacun et chacune d’entre nous, tout au long de cette nouvelle année.

Homélie dimanche 30 décembre 2018 Fête de la sainte Famille

Le dimanche qui suit Noël, l’Eglise fête la Sainte Famille : Joseph, Marie, Jésus.

Disons le tout de suite, la famille est un lieu de vraies joies, mais aussi de vraies souffrances. D’ailleurs à regarder de prêt la sainte famille n’a pas été épargnée.

– Joseph, originaire de Bethléem, travaille a Nazareth, c’est un déplacé économique.

– Rappelons-nous, au début, la décision de Joseph de rompre son mariage avant que l’ange ne lui parle. Comment cela ne résonnerait-il pas avec toutes les difficultés de la vie conjugale !

– Si Marie et Joseph se rendent a Bethléem, c’est bien pour un recensement de l’occupant romain. C’est un pays occupé !

– Les préparatifs pour la naissance sont pour le moins précipité !

– Que de violence aussi, pensez au massacre des innocents qui les obligent a immigré en Égypte.

C’est un peu beaucoup ! Ne trouvez-vous pas ? Un peu beaucoup pour entretenir une image de la sainte famille douçâtre.

Cela reste génial, parce que cela fait échos aux difficultés de nos existences !

Le verbe de Dieu entre dans la complexité, la vulnérabilité, la violence de nos vies.

Nous le savons la famille peut-être un « paradis », mais aussi un enfer ! La famille quoi qu’il en soit reste est le bien le plus précieux pour les humains, en particulier pour les pauvres et nous sommes tous pauvres, à un moment ou à un autre, à l’heure de l’incompréhension, de l’échec, de la maladie ou de la mort. Nous sommes liés les uns aux autres que nous le voulions ou non. Parents, enfants, frères et soeurs…Nous sommes liés les uns aux autres

Ce qui est remarquable, pour la sainte famille, c’est leur disponibilité, leur accueil du dessein de Dieu et leur attitude de service pour réaliser ce qu’ils comprenaient comme la volonté de Dieu sur eux, de l’annonce faite à Marie, puis à Joseph, de la naissance de Jésus, puis au départ en Egypte, et la vie cachée à Nazareth.

Dans toutes ces aventures, on relève une attitude d’écoute et de service, dans une très grande humilité.

La Sainte Famille fut au plus haut point une communauté croyante, une communauté priante et une communauté servante.

Leur vie familiale est traversée par la grâce de manière particulière, on ne peut que le contempler chacune des personnes croyante, priante, servante.

Et nous pouvons nous inspirer de la façon dont ils se sont ouverts à la présence et à l’œuvre de Dieu dans leur vie.

Nos familles, à leur mesure, sont elles-mêmes des communautés croyantes, priantes et servantes. Appelez à l’être !

Le Verbe de Dieu, qui a pris chair de la vierge Marie ne s’est pas simplement servi de l’humanité, il l’a concrètement habitée, c’est-à-dire

Qu’il a pris le temps de pénétrer cette pâte humaine,

Il a pris le temps de vivre concrètement les relations humaines,

De vivre comme un homme parmi les hommes.

Son enfance et sa jeunesse n’ont pas été une simple parenthèse, et le Fils de Dieu n’a rien négligé pour s’enraciner dans notre humanité.

Concrètement, dans son pays, dans son peuple, dans son village et dans sa famille.

Grandissant en sagesse, en taille et en grâce sous le regard de Dieu et des hommes,

Jésus a pris le temps d’habiter toutes les étapes de notre humanité en croissance. En prenant ce temps de la vie familiale et les étapes de la croissance humaine, Jésus nous en dit toute l’importance et révèle ainsi la vocation et la mission de la famille dans ses dimensions, humaine et spirituelle.

Et il nous est bon de rappeler cette vocation et mission de la famille d’autant plus importante aujourd’hui qu’elle est mise à mal. Peut-être par les repères sociaux pour le moins troublées, par nous aussi !  

La famille est le lieu de l’apprentissage de l’amour en actes et en vérité, le lieu où sont transmises les valeurs essentielles pour que chaque être humain puisse devenir adulte.

Chaque membre de nos familles apprend à découvrir l’autre, à se laisser surprendre et quelquefois dérouté par celui que l’on croyait connaître.

« Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi ! »

La vie commune nous permet et nous oblige, d’apprendre à nous connaître mutuellement au sein de la famille comme au sein de nos communautés religieuses.

Même si l’on apprend à se connaître, l’autre demeure toujours insaisissable.

Ainsi aimer, ce sera donc accepter cette part d’inconnu, permettre cette liberté de nous surprendre encore.

Dans les paroles et les silences de Marie et de Joseph, qui accompagnent Jésus dans sa vocation, nous découvrons la profondeur d’un amour qui sait être présent pour l’éducation, qui prend sa part de responsabilité envers l’enfant, et qui sait aussi s’effacer devant le mystère de Jésus pour qu’il puisse accomplir sa vocation personnelle.

Entendez bien ! vous qui êtes parents prendre  sa part de responsabilité envers l’enfant, et s’effacer pour qu’il accomplisse sa vocation.

Donner naissance à un enfant, le mettre au monde, ce n’est pas le fait d’un seul jour, le jour de sa naissance proprement dite, mais c’est aussi à chaque instant où on lui donne ce qu’il faut pour vivre et où on le laisse libre de nous échapper. Il y a là pour les parents une formidable école pour la pureté de leur amour, qui demande à s’engager pour l’autre dans un don, une gratuité, une véritable ascèse quotidienne qui permet d’accéder à la pureté et à la profondeur de l’amour.

Cet amour dit l’amour de Dieu pour votre enfant.

La famille est aussi le lieu de l’apprentissage de la miséricorde.

Cette miséricorde est indissociable de l’appel à la perfection de l’amour en actes et en vérité.

Car, s’il nous faut apprendre à aimer comme Dieu nous aime, nous ne le pouvons pas encore vraiment.

En effet, les parents comme les enfants, chacun de nous, nous sommes bien imparfaits, nous ne savons pas aimer comme nous le voudrions.

Nous sommes continuellement dans un travail de conversion et de réconciliation pour apprendre à donner le meilleur de nous-mêmes.

Conversion pour mieux comprendre en quoi consiste l’amour véritable

Et réconciliation pour accueillir les limites et les faiblesses de chacun dans la joie.

Car en définitive la perfection de l’amour ici-bas consiste moins à réussir pour nous satisfaire, mais à vivre de cette miséricorde qui recouvre nos imperfections du voile de la tendresse.

Faisant l’expérience de la nécessité de la miséricorde, la famille chrétienne éprouve alors le besoin de s’appuyer sur la grâce, sur la présence de l’Amour trinitaire pour y puiser la force et la lumière.

C’est dans cette grâce du sacrement du mariage que se déploient la fécondité de la famille et sa capacité à développer une relation d’amour.

C’est dans la prière, en nous tournant vers La Trinité !

Cet amour trinitaire  qui est par excellence la communauté de vie et d’amour, c’est en l’accueillant que nos familles deviennent le lieu de la véritable évangélisation en profondeur.

À côté des lieux de formation intellectuelle et spirituelle,

et à côté de la vie en Eglise, la vie familiale est le lieu privilégié de la mise en œuvre de notre foi et de notre charité.

Sans cela, tant pour les enfants que pour le couple, la vie spirituelle n’aura pas la consistance qui lui permettra de durer et de porter des fruits.

C’est pourquoi il ne fautt pas négliger de développer une authentique et profonde spiritualité conjugale et familiale.

Chers amis, vous aurez compris combien je vous exhorte a prendre au sérieux dans les tourments de nos vies familiales, à être  croyants, priants et serviteurs les uns envers les autres.

A quelques heures de la nouvelle année, tous mes vœux pour vos familles.

Homélie Jour de Noël 25 décembre 2018

La messe de la nuit de Noël , nous méditons le récit des bergers, des anges et de la crèche– alors que la messe du jour, nous semble peut-être moins accessible, avec les prologues solennels de l’épitre aux hébreux puis de l’évangile de Jean.

Je vous propose trois attitudes, le silence, l’émerveillement, la simplicité

Apprendre le silence,

Noël, c’est L’Incarnation du Créateur du monde, Dieu nous dit tout son amour en son Fils. Ce qu’il nous dit, il le dit d’abord en silence, dans la nuit de Bethléem. Le silence est sans doute la parole d’amour la plus intense.

La naissance de l’enfant Jésus est désormais le centre par lequel nous devons tout comprendre. Or on ne comprend qu’avec le cœur, en ouvrant ses propres entrailles…

De la nuit de Noël jaillit cette Lumière. Dieu avait dit : que la lumière soit. Aujourd’hui, il dépose son Verbe dans notre histoire, comme un germe dans notre terre, comme une semence de vie éternelle.

Par l’incarnation de Dieu en notre existence, un monde nouveau peut être soulevé, illuminé de l’intérieur, réorienté vers la vie. L’enfant en silence veut nous saisir aux entrailles… Ce silence nous invite a l’intériorité !

À tous ceux qui ont reçu l’enfant, dit l’évangéliste Jean, Dieu a donné de pouvoir devenir aussi enfants de Dieu, eux qui croient en son nom.

Devenir enfants de Dieu, nous aussi, Il nous suffit de l’accueillir, en silence. Il nous suffit de nous laisser enfanter à cette nouveauté radicale.

La réponse de Dieu à nos angoisses et à nos peurs, c’est Jésus, l’enfant né de Marie et reçu par Joseph.

En silence, il s’unit à nous, là où nous en sommes, pauvres et vulnérables, et il marche avec nous.

La réponse de Dieu à notre monde anxieux et traversé par la peur, elle est là, accueillons-la en silence, En Jésus, Dieu nous fait reposer en lui, et il vient au devant de nous.

La réponse de Dieu à notre société qui a perdu son espérance et la vision de son avenir , accueillons-la en silence, le Christ se révèle la fin de toute chose, et dès à présent, il a vaincu le monde.

Ce qu’il nous faut accueillir, c’est que La Création avec Jésus, l’Emmanuel n’est plus désormais, seule, elle n’est plus perdue ou errante. Dieu, en Jésus, l’a rejointe, et il avance avec elle jusqu’à son accomplissement définitif.

C’est vrai, Il ne nous épargne pas la souffrance ou les épreuves, mais mieux, il les habite, il les porte avec nous. Il les conduit au but, c’est à dire à la plénitude de l’amour, à la plénitude de la vie en Dieu.

Chers amis, Voici comment l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : 

Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui.  Bien-aimés, puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres (1 Jn 4, 7…11).

Apprendre l’émerveillement,

Émerveillons-nous de ce mystère ! Emerveillons-nous de cette lumière nouvelle

Dieu descend et prend naissance au fond des ténèbres de la grotte, et désormais toute son œuvre est de ramener l’humanité à la vraie lumière.

Historiquement, c’est la raison pour laquelle nous fêtons Noël le 25 décembre. Dans la Rome antique, on fêtait le solstice d’hiver, lorsque la nuit la plus longue, on célèbre le soleil invincible qui l’emportera sur les ténèbres avec les jours qui vont rallonger.

Le Verbe est la lumière véritable qui brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêté. Au fond de la grotte de Bethléem, Jésus prend naissance et devient pour tous ceux qui l’accueillent la lumière qui les conduira à la vie éternelle.

La lumière descend de Dieu, et vient éclairer nos ténèbres pour nous faire connaître Dieu notre Père. Pour participer au mouvement du Verbe qui vient vers nous et nous emporte vers la contemplation du Père, ce n’est pas compliqué, apprenons simplement a nous en émerveillé.

Accueillir la lumière naissante et c’est désirer qu’elle illumine notre cœur et toute notre vie,

Accueillir la lumière, sans craindre d’être vu par Dieu dans notre faiblesse, car le Seigneur ne sera pas arrêté par nos ténèbres, mais il nous libérera et nous élèvera jusqu’à lui.

Silencieux, émerveillé, devant la crèche apprenons a être simple !

Ce qui nous est demandé est si simple qu’il y a un bœuf et un âne dans nos crèches.

Aucun des Évangiles ne mentionne la présence d’un bœuf ni d’un âne à la naissance de Jésus. À la rigueur, peut-on supposer qu’il y ait eu les moutons et les chiens des bergers, mais point de bœuf et d’âne.

Si la tradition chrétienne nous fait placer un bœuf et un âne de chaque côté de l’enfant Jésus, c’est en référence à un texte d’Isaïe (1,3).

« Le bœuf connaît son possesseur, et l’âne la crèche de son maître, mais Israël ne connaît pas, mon peuple ne comprend pas. »

Ainsi, la tradition veut nous dire que pour reconnaître la lumière apparue au jour de la naissance de Jésus, il s’agit de ne pas être plus bête qu’un bœuf ou qu’un âne !

Le bœuf et l’âne devraient être les deux personnages de la crèche qui nous font le plus réfléchir, car ce sont eux qui nous représentent auprès de l’enfant Jésus. Le bœuf et l’âne savent reconnaître leur maître et le lieu où ils reçoivent leur nourriture

Aujourd’hui la crèche, c’est notre cœur. La mangeoire, c’est l’autel eucharistique, Marie qui enveloppe son enfant, c’est l’Église qui tient la vie du Christ enveloppé dans les sacrements. Et l’Enfant qui nous est donné, c’est ce pain silencieux, merveilleux, simple auquel nous allons communier.

Aujourd’hui la lumière a brillé sur la terre.

Peuples de l’univers, entrez dans la clarté de Dieu. Venez tous adorer le Seigneur ! Entrez en silence ! Emerveillez-vous ! Et goutez la simplicité de Dieu !

A voir absolument “Des petites mains invisibles”

Depuis 12 ans, l’Association pour l’Amitié (APA) a pris le parti de faire cohabiter des personnes de la rue de tous horizons et de tous âges et des jeunes volontaires professionnels, dans une ambiance familiale, convaincus qu’à côté des aides matérielles, des liens d´amitié approfondis sont indispensables à la reconstruction de personnes fragilisées par la vie. Aujourd’hui, l´association, créée par Etienne Villemain et Martin Choutet – jeunes catholiques proches de Jean Vanier (le fondateur de l’Arche) – accueille 200 personnes dans des appartements au coeur de Paris. Hommes d’un côté, femmes de l’autre. Comme ici rue de Vaugirard dans un ancien monastère, où résident une vingtaine de co-locataires et un ancien prêtre ouvrier, le Père Géry. On suivra notamment Gilbert qui s´engage sans compter auprès de sa nouvelle famille et dont il est le cuisinier. À ses côtés, Gilles et Sébastien, nouveaux arrivants à l’APA font leurs premières armes pour se mettre au service de ceux qui leur ont tendu la main. Une patiente reconstruction pour les uns et la découverte du meilleur de soi pour les autres, tous jeunes volontaires et qui décident d´éprouver leur foi. Car rien n’est jamais gagné dans cette vie de famille qui s’invente au jour le jour avec peu de moyens et beaucoup de petites attentions garantes d´une vie communautaire nécessaire. Portraits croisés de ces petites mains invisibles aux parcours lointains, devenues les meilleurs ambassadeurs de ces associations religieuses aux principes fondamentalement humanistes. Leur engagement nous conduit à nous interroger sur la question du don de soi et de son incarnation au quotidien. L’APA est un petit miracle d’humanité. Le film “Des Petites Mains invisibles” en est le témoignage réconfortant. Il est la démonstration qu’une réconciliation entre possédants et déshérités est possible et que les “sauveurs” ne sont pas nécessairement ceux qu’on croit. UNE COPRODUCTION LARDUX FILMS/KTO 2018 – Réalisé par Serine Lortat Jacob

Dans la Paix et la Joie de Noël, bonne et heureuse année 2019

Au seuil de cette année 2019, je souhaite vous adresser mes meilleurs vœux en vous confiant à la Vierge Marie, Immaculée Conception.

Au cours de cette nouvelle année, je fêterai mes soixante ans dont trente d’ordination presbytérale. Après ces dernières années tumultueuses je ne vois mes amis hématologues de l’hôpital Saint-Antoine que tous les trois mois. Aujourd’hui, je pense pouvoir dire que je me porte bien, même si je ressens encore un grand besoin de sommeil. Je souhaiterais donc célébrer ce temps de rétablissement en vous invitant à vivre un moment de joie et d’amitié.

Pour ce faire, le 16 mars 2019 à 16 heures, je célébrerai une messe à l’église Notre-Dame-des-Champs qui sera suivie d’un petit cocktail dans une salle de la Paroisse au 92 bis Boulevard du Montparnasse 75014 Paris.

Rétrospectivement, je réalise que Marie, sous le vocable de l’Immaculée Conception, m’a accompagné depuis mon enfance depuis la paroisse de l’Immaculée Conception de Boulogne Billancourt, au Séminaire Saint Sulpice où la dévotion à l’Immaculée Conception accompagne notre formation, et en tant que vicaire puis curé à la paroisse de l’Immaculée Conception de Paris 12e. Je continue à lui confier toutes les intentions que je porte pour ma famille, mes amis, et vous tous que j’ai eu la joie de connaître ces dernières années et dans mes différents ministères. (Saint Jean-Baptiste de Grenelle, Sainte Colette des Buttes-Chaumont, Saint André de l’Europe)

Pour vous adresser mes vœux, j’ai choisi une illustration de la Visitation par le Frère Yves, moine à l’abbaye de la Pierre qui Vire. Il est l’auteur des illustrations de mon premier missel d’enfant.

Pourquoi la Visitation ? Parce que Marie y exprime un sens aigu du concret. Elle affronte le chemin de sa vie avec beaucoup de réalisme et d’humanité.

Pour reprendre les mots du Pape François, ( Méditation du pape François le 31 Mai 2013) le comportement de Marie est « écoute », « décision », « action » ; ces mots peuvent nous guider tout au long de notre existence et je souhaite qu’elle inspire mes vœux pour chacun.

Marie se rend chez sa cousine Elisabeth. Tout en étant attentive à Dieu, elle est également à l’écoute des faits et des évènements qui se déroulent dans sa propre vie. Sa cousine Elisabeth attend un enfant. Ce geste vaut aussi dans notre vie : l’écoute de Dieu va de pair avec l’écoute de notre réalité quotidienne, de l’attention aux personnes qui nous entourent. Le Seigneur nous envoie des signes tout au long de notre chemin. Que Marie soit pour chacun d’entre nous un modèle d’écoute, qu’elle nous rende attentifs à Dieu et aux événements qui jalonnent notre vie.

Marie ne fait pas l’économie de l’effort d’une décision. Elle fera le choix fondamental de sa vie : « Je suis la servante du Seigneur… » (Lc 1,38). A l’Annonciation, elle décide de se confier totalement à Dieu. A la Visitation, elle décide, alors qu’elle est enceinte, de rendre visite à sa vieille cousine. Aux noces de Cana, elle décide de faire confiance à son Fils, avec insistance, pour sauver la joie des noces. Nous aussi, nous avons des décisions à prendre dans notre quotidien pour prendre soin de nos proches et travailler à l’œuvre de Dieu. Je vous confie à Marie, qu’elle vous accompagne dans tous vos choix et dans toutes vos décisions.

Marie se mit en route et « se rendit en hâte… » (cf. Lc 1,39). Dans la prière, la réflexion et la méditation sur les faits de sa vie, Marie perçoit ce que Dieu lui demande, ce qu’elle doit faire. Elle n’hésite pas, elle ne reporte pas, elle va « en hâte ». L’agir de Marie est une conséquence de son obéissance aux paroles de l’ange, unie à la charité qui l’anime pour sa cousine: elle va chez Elisabeth pour se rendre utile; et en partant de chez elle, elle apporte d’elle-même, par amour, ce qu’elle a de plus précieux, Jésus, le Verbe de Dieu; elle apporte son Fils.

« Parfois, nous-mêmes, nous nous arrêtons à l’écoute, à la réflexion sur ce que nous devrions faire, peut-être voyons-nous clairement la décision que nous devons prendre, mais nous ne passons pas à l’action. Et surtout, nous ne nous mettons pas en jeu pour apporter nous aussi, comme Marie, ce que nous avons de plus précieux et que nous avons reçu : Jésus et son Évangile, à travers la parole et, surtout, le témoignage concret de notre agir. »

« Marie, femme de l’écoute, fais que nous sachions écouter la Parole de ton Fils Jésus, au milieu des paroles de ce monde ; fais que nous sachions écouter la réalité dans laquelle nous vivons, chacune des personnes que nous rencontrons, en particulier celle qui est pauvre, qui est dans le besoin, en difficulté. »

« Marie, femme de la décision, illumine notre esprit et notre cœur, pour que nous sachions obéir à la Parole de ton Fils Jésus ; donne-nous le courage de la décision. »

« Marie, femme de l’action, fais que nos mains et nos pieds se dirigent «en hâte» vers les autres, pour apporter la charité et l’amour de ton Fils Jésus, pour apporter, comme toi, au monde la lumière de l’Évangile. Amen. »

A la suite de Marie et d’Élisabeth, osons croire que Dieu peut faire merveille dans nos vies.

Ouvrons-nous à sa présence pour connaître ce tressaillement d’allégresse qui fut celui de Jean-Baptiste.

Permettez-moi de redire à ceux qui sont éprouvés par la maladie, le deuil, l’épreuve, combien je suis uni à eux, en les gardant tendrement dans ma prière.

A vous tous, bonne et heureuse année 2019.

Avec toute mon affection.

Père Benoît Bourgoin

Attendre pour grandir dans l’Espérance

Avec ce premier dimanche de l’Avent commence, pour les chrétiens, une nouvelle année liturgique. Nous ne savons rien de ce qui va s’y passer, en revanche nous savons que le Fils de l’homme est présent au cœur de notre histoire. C’est ainsi que nous sommes appelé à vivre, dans les difficultés de notre temps, debout, éveillés, vigilants, courageux. Parce que ce temps de l’Avent nous appelle à vivre dans l’espérance.

Attendre dans l’espérance, c’est penser qu’il y a des possibilités qui peuvent se réaliser. Or, nous sommes dans un monde qui ne veut plus attendre, qui veut accélérer le processus de la maturation. Nous ne voulons pas attendre parce que nous confondons le temps de la pulsion et le temps du désir.

La pulsion veut tout dans l’immédiateté. On le voit dans l’usage que nous faisons d’Internet. On veut des réponses immédiates. On va même jusqu’à remercier les gens pour leur « réactivité ». Confondant ainsi, la réactivité au détriment de la réponse, l’affairement au détriment de la créativité.

L’attente nous fait donc passer de l’immédiateté de la pulsion – qui est impérieuse et jamais satisfaite, infantile pour une part – au temps du désir, le temps de la maturité, le temps du courage de se redresser et de lever la tête, le temps de la prudence en se tenant sur ses gardes, le temps de la vigilance en priant

L’attente, qui fait grandir, est habité  par une « parole bonne », fondatrice qui est une promesse, pour ensuite vivre le temps d’aujourd’hui comme par une bénédiction, et le temps de l’avenir comme une fécondité, une nouveauté.

« Veilleur, où en est la nuit ? » (Isaïe, 21,11). Cette nuit, nous la vivons au milieu des tourments et des difficultés de nos existences.

« Veilleur, où en est la nuit ? Cette question était d’adressé au gardien du Temple de Jérusalem qui devait dire quand il percevait les premières lueurs de l’aube. Il ne pouvait pas faire venir l’aube plus tôt, ni plus vite, mais il devait veiller pour annoncer le moment où, de la nuit elle-même, émerge la première clarté.

La nuit promet l’aube. La nuit porte en elle la promesse d’un nouveau jour. Sachons vivre ce temps de l’avent, dans l’attente, comme des veilleurs plein d’espérance, capables d’apercevoir les signes du Royaume qui vient.

Benoît Bourgoin